Je suis venu au Ladakh depuis juillet 2001 et j'en suis à mon 9 ième séjour sur ces sept voyages en terre himalayenne. Lors de mon second séjour, à l'occasion de ma participation au Ladakh Farme Project, en 2014 pour être plus précis, j'avais rencontré un vieux Français qui était venu ici depuis l'ouverture du Ladakh aux étranger en 1974. Il était désolé de voir autant de développement, autant de touristes et sur ce dernier point, nous étions d'accord. Il m'avait alors dit: "ce n'est plus le Ladakh que j'ai connu, je ne reviendrai plus! Leh est en train de devenir " Little Kathmandou!" À ce neuvième séjour, je commence à réaliser qu'il avait probablement raison! Si au moins les plus pauvres finissent par en profiter, mais ça...
Cette année, j'ai rencontré le grand chambardement. Qu'est-ce que ça sera dans dix ans?
Je ne m'habitue pas au tourisme. Le touriste est d'une espèce souvent avide et bête à la fois, surtout en pays en développement. Ce qui m'ennuie le plus c'est l'attitude, le manque de réécrire, la peur de perdre son identité dont font montre trop de ces voyageurs venus de loin. Je vous entend penser! Vous vous dites "mais toi?". Je me questionne! Je prend cependant bien soin d'être sourient, poli, amical et respectueux des habitants du monde que je visite. Les seuls avec lesquelles je me sois déjà enragé, c'est les Français! Mais ça...
Toujours est-il que j'en ai contre tous ceux qui veulent la première place devant les locaux, qui s'habillent de manière choquante pour eux, qui les zoom à un mètre du visage sans même avoir au moins dit bonjour, qui critique la nourriture et ne laissent pas de pourboire, qui entre dans les temples comme on rentre dans un commerce, qui salissent l'eau et l'air avec leurs déchets, et quoi encore...
Mais il y a des lucides et en plus ils n'ont pas d'âge. Il son polits, respectueux, demandent ploiement pardon lorsqu'ils accrochent quelqu'un au passage, apprécient ce qu'on leur sert en laissant quelques roupies au départ du resto, entrent dans les monastères en silence et avec un minimum de révérence et de respect pour cet inconnue tradition, s'intéressent à la culture locale et essaient d'oublier un moment la leur, et bien plus encore...
Little Kathmandou disais ce cher monsieur? J'en parlais justement ce matin avec un Ladakhi et un américain que travaille ici pour une ONG depuis des années, tous les deux me parlaient de la crainte qu'ils ont à voir les enfants d'ici parler de plus en plus anglais et Hindi et de moins en moins Ladakhi. Ça vous dit quelque chose? Ils me racontaient aussi que cet été, à cause de la venue de milliers d'étranger pour le Kalachakra donné par la Dalaï Lama, des bus plein de mendiants indiens, travaillant pour des espèces de 'mafioso', arrivaiient pour la première fois pour s'installer ici. J'ai même donné quelques sous perdus a trois d'entre eux!
En tout cas, il faut en sortir et aller explorer ses rebords, son périf quoi! Il y a des lieux merveilleux et à couper le souffle autour d'ici. D'ailleurs, dès mercredi, je partirai vers mon cher petit village. Là-bas pas de touristes et rien qui ne puisse nous plonger dans trop de 'civilisation'. Ce sera le temps des récoltes et je mettrai sans doute l'épaule au champs pour donner moi aussi quelques centaines de coup de faucille. Je me chargerai sans dout de quelques gros balots de blé avec lesquels je remonterai le village vers la maison familiale pour les y déposer afin qu'on en sépare le grain de la paille. Je boirai des litres de thé au beurre salé, je mangerai des momos et du blé plus que j'en ai envie (à m'en rendre malade peut- être) et le soir, bien usé je plongerai, un brin sale, dans mon sac de couchage, pour mieux recommencer le lendemain. Olo Olo Olo Och faut-il lancer aux bœufs pour qu'il ne cessent de tourner sur les blés dans l'étape du treshing qui consiste à les faire marcher dessus pour forcer cette séparation. Je ne sais pas si tout ça ressemblera à la dernière fois ou j'y ai participé, car là aussi... Tout peut avoir changé.
Tiens,arlant changement, Sonam, le père de ma famille Ladakhie, à acquis une voiture. Celle-la même qui avait remplacé la voiture du cousin qui avait pris le haut ravin, blessant à mort le cher Mémé Norboo qui était l'homme fort de la famille. Le cousin en a acheté une neuve et mon ami en a hérité. Son fils me disait hier qu'il avait proposé de venir nous chercher, sinon ça sera le bus sur les falaises, mais la bonne nouvelle, c'est que la terrible route à enfin étée pavée! J'ai presque plus envie de voir ça que de voyager avec un nouvel apprenti conducteur! Voilà encore des changements! Si la tendance se maintien, le prochain gouvernement sera formé... Par des technocrates!
"Greater Kathmandou" ?

Bonjour mon beau Raymond, que de patience et de temps pour écrire ce journal de voyage et d'introspection!!! Ceux qui ne respectent pas les lieu x et les gens là-bas sont malheureusement pareils dans leur milieu habituel. Souvent ici 3 personnes sur le trottoir ne pensent même pas à se serrer un peu en en croisant une seule ...ce qui me frustre. On est presque obligée de marcher dans la rue et une fois, me disant "qu'ils se serrent un peu pour une fois" j'ai voulu garder...prendre ma place et bien il y a eu 2 épaules qui se sont frapper brusquement..la mienne et celle d'une jeune fille.....Incroyable ce "me myself and I". Mon ami agent de voyage dit qu'il y a les touristes et les voyageurs et que si dans un groupe on voit des 'touristes' il faut gentiment les rappeler à l'ordre....C'est vrai...voyagent-ils pour retrouver leur 'naturel' ou pour voir quelque chose de différent et ouvrir leurs esprits?? Bon bref de plainte et complainte. Suzanne ne veut pas en parler à quasi personne mais je te le dis car je sais que ce sera des bonnes ondes qui en émanera et non des inquiétudes malsaines: elle a eu il y a quelques semaines un diagnostic de cancer de l'utérus qui semble-t-il est pris au début. Demain matin elle passera des examens pré-opératoire. Elle subira 'la grande opération" en plus de se faire enlever les ganglions tout autour. S'ils réussissent à tout enlever ce sera OK . Ils le sauront après les analyses port opératoire des tissus enlevés. On a le moral très positif mais c'est quand même dans nos arrières pensées. je voulais le dire à quelqu'un de spécial mais je ne veux pas que tu t'inquiètes ...vis ton beau voyage et surtout porte-toi bien afin de profiter de tout tout tout....À bientôt
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