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lundi 10 novembre 2014

Entre Shiné... Et Samsara

Heure de mon levé: 4:15
Douche, offrandes sur l'autel devant ma boîte de méditation et prise de refuge et de préceptes pour les 14 prochaines heures: ne pas ôter la vie (même à un petit insecte) - ne pas prendre ce qui n'est pas offert - ne pas mentir - n'avoir aucune activité sexuelle - ne pas consommer d'alcohol ou autres intoxicants - ne pas s'asseoir ni dormir sur un lit haut, dispendieux ou très grand ( un valeur symbolique est ici signifiée) - ne pas consommer de nourriture après midi ( donc: petit-déjeuner a 6:30 fait de gruau, fruit et une tranche de pain avec beurre d'arachide et un the au lait sucré... Mon seul repas complet! Puis, vers 11:00, une petite poignée d'amandes et noix de cajou avec trois dattes sèches et un verre d'eau, puis quelques tasses de thé au lait salles ou sucrées au cours des pauses de la journees) - ne pas chanter, danser ou jouer de la musique (encore une fois il faut y trouver la valeur symbolique) - ne pas porter de parfums ou de parures.

La journée commencera avec la récitation de quelques textes courts, une autre pratique préliminaire et enfin 45 minutes de meditation Shiné.

Après le petit-déjeuner, une heure sera consacrée a la pratique personnelle, et l'heure suivant a une contemplation faite à partir d'une lecture personnelle sur un sujet lié à la retraite.

10:00 : seconde période de meditation de 45 minutes... Etc.

La journée ira comme ça jusqu'à 20:30, entrecoupée par le diner et le souper, pour ceux et celles qui ne prennent pas de préceptes...  La majorité.

Dix jours règles au son du gong qui nous rappelle les différents temps de la journée. Dix jours qui passeront comme un litre d'eau disparrait lorsqu'il est jetté à la mer.

Peu à peu la pratique s'installe, ou plutôt l'hableté à pratiquer ce qui est prescrit, sans même qu'on se sente obligé. On y est venu de son propre gré de toute manière et la joie d'être là à "travailler" ensemble est palpable. Chacun est immensément delicat, silencieux, réservé et respectueux des autres, chacun subit le bruit des fêtes indiennes qui n'arrêtent plus de s'enfiler au village, chacun souffre un peu de la chaleur intense qui s'accumule à l'intérieur de la Gompa l'après-midi et les pauvres mamans moustiques qui ont si soif de notre bon sang et que je ne cesserai de chasser de mes chevilles, mes mollets et mon cou humides de sueur, en soufflant dessus ou en battant des mains une fois de temps en temps. Une concentration qu'il faut manipuler sans tension, sans aversion, mais aussi sans attachement! Il est si facile de se laisser planer sur des vagues de "bliss" qui n'apportent rien d'autres que cette sensation de bien-être temporaire et inutile à l'atteinte d'un but plus élevé. Les yogas indiens en sont souvent victime!  J'en sais quelque chose!

D'une journée a l'autre , une certaine réalisation apparaît qui elle ne nous quittera jamais. Ce fruit de l'apprentissage basê sur la patience, la persévérance et... Une certaine dose de courage! Tant de gens font la fête sur cette boule bleue en ce même moment, tant de gens voudrais nous avoir à leur côté ou à leur bon service, mais non! Le service rendu sera encore incommensurement plus grand, plus durable et plus innommable lorsque le travail aura porté fruits. Pour ça, il faut avoir confiance en sa propre capacité de transformation.  Thundup, le nom qu'on m'a donné signifit "celui qui atteint ses objectifs" et devinez quel est mon principal objectif?

Aujourd'hui, lundi après-midi, 14:15, je suis de retour dans la vie qui bouge vite autour de moi. Body Gaya est située dans la province la plus pauvre du pays, le Bihar. Pas le temps de jouer au billard ici! Chacun développera astuces et petit métier pour arriver à manger un bout de pain et la mendicité est plus répandue que le sel sur nos routes hivernales. Tiens, ce matin, en attendant mon groupe à l'entréedu Mahabodhi temple, un gamin de 25 ans est venu essayer de me vendre des médailles dorées à l'effigie du temple et du bouddha. Après avoir dit non gentiment a maintes reprise en explication que je n'en avais pas besoin... Il me les a donné!   Je n'ai pas pu résister et lui ai dit Non! Tu perd des sous! Tu dois les vendre! Pas les donner!...  Et je lui ai finalement donné 15 roupies par pièces au lieu des dix qu'il m'avait demandé au départ!  Je ne pouvais pas tolérer qu'un plus pauvre (et plus futé) que moi me donne quelque chose. C'était comme l'avoir volé! Il était tout à coup tout sourire! Quelle intelligence commerçante! Mais s'il était sincere, quelle leçon!!








Nous sommes allés u temple pour offrir une robe au bouddha qui est là...  Depuis plus de 2000 ans. Une statue qui fut créée un peu plus de 500 ans après le bouddha... Vers l'an 1 de notre ère, et que l'on revêt d'un beau tissus, à tous les jours! C'est donc nous qui lui avons fourni ses nouveaux habits ce matin et c'est un moine du temple qui l'a revêtu devant nous et devants les nombreux visiteurs venus de par le monde. Les robes sont sans doute redistribuées aux pauvres du coin.. J'imagine!

Puis, après ce moment de fin de retraite, je me suis assis sous l'arbre de la Bodhi, comme d'habitude et j'ai effectue ma parties quotidienne, comme je le fais depuis des années, suivant ainsi la recommandation de mon cher maître Lama Lhundrup quie j'ai vu quelques mois avant son décès, en décembre 2010. Dans une lettre que m'envoyait mon grand maître Lama Zopa, en août dernier, alors que j'étais au Ladakh, ce dernier me signifiait sa reconnaissance de mes efforts à travailler avec les outils qui me sont proposés. Je pensais à tous ceux et celles d'entre vous qui êtes venus chez moi pour apprendre a méditer, pour partager un peu de ce dharma et à qui j'ai souvent dit combien ce temps que vous offriez était precieux. Chaque instant de cette retraite j'ai pense à chacun de vous, formulant le voeux profond que ces semences soient arrosées par ma propre persévérance et portent fruits en abondance dans vos vies. Vraiment!

Demain, je reprend l'avion vers Delhi, pour une nuit, en transit. Puis, mercredi, Kathmandou! Là-bas, au Nepal, je continuerai ce travail en profondeur, mais aussi j'aurai le bonheur de retrouver mes amis et frères de cette contrée himalayenne qui m'est aussi chère. Une autre tranche de vie que j'aurai le bonheur de vous raconter, une fois sur place.

Avant que l'électricité ne soit encore coupée, on ne sait pourquoi, je met fin à cette lettre. Ça fait plus de deux heures que j'essaie de la terminer et c'est comme si on interrompait ma conversation avec vous. Comme j'ai terminé, je m'empresse de vous embrasser...  Avant que la prochaine coupure m'en empêche! Ce serait trop dommage ☺️

Affectionneusement,
Raymond Thundup

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