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lundi 27 octobre 2014

Sous l'arbre de la Bodhi

Bodh Gaya

Ça fait cinq jour que je suis arrivé et il fait chaud. Ce matin, j'ai enfourché mon vélo loué pour un dollar par jour et j'ai parcourru le trajet linéaire habituel pour me rendre au temple Mahabodhi. Une route sur laquelle circulent autant de motos, vélos, moto-rickshaws, rickshaws, voitures, autobus et piétons.  Y avait même un serpent qui traversait la route l'autre matin, puis un éléphant qui est apparut et qu'on a paraît-il due éloigner, celui-là on me l'a raconté, mais je n'ai pas eu le plaisir de le voir. Nous sommes en Inde...  Très indienne!

Toujour est-il que ce matin un barrage de policiers et de militaires nous interdisait le passage vers le temple. Ça m'a pris quelques minutes à comprendre ce qui se passait et à leur faire comprendre que je voulais simplement aller déposer mon vélo à l'endroit prévu habituellement.
Oh! You mean that place! Ok! You can go! Je suis donc allé déposer ma vieille bécane indienne, mais pour l'accès au temple...  In two Hours only! Why? Vitenam prime ministre visit!! VIP!
Comme j'ai eu moi-même quelques privilèges en cette vie... Je n'ai pas rouspèté!

Je suis donc parti bambocher a gauche et à droit. Et hop!  Un petit latté avec un morceau de gâteau aux carottes, une petite visite chez mon tailleur préféré pour qu'il me fabrique une copie d'un short capri de marque Chlorophyle,  un détour vers le temple Royal Thaï, puis vers le temple Bouthanais et une pause dans un restau indien pour dîner.

Il est maintenant 13:45 et l'accès au temple devrait en principe être réouvert. J'y serai pour le reste de l'après-midi, car depuis mon arrivée ici, c'est là que j'effectue deux de mes quatre sessions quotidiennes de pratiques méditatives. Aussi, le fameux moine enseignant et cinéastre Jamyang Kyientsey Norbu Rinpoché est sur place pour conduire les dix journées d'un Mönlam, dix jours de cérémonies et de prières pour la paix. À tous les jours, vers 15:30, il donne une demie heure d'enseignement sur les textes utilisés pendant le Mönlam. Il nous donne aussi une quelques fin d'après-midi d'enseignements au monastère de Shechen ( lié au grand Dilgo Kyentsey Rinpoché et à un de ses élèves connu, Matthieu Ricard). Hier, avec l'humour précis qu'on lui connaît, il enseignait sur la réalité relative et la réalité absolue. Une heure et demie  que j'ai enregistrée et que je vous présenterai un de ces jours. Illarant par moment, mais terriblement incisif! Quel maître !  Lisez Not for happiness, vous verrez! Ou encore son premier livre Why am I not a buddhist. J'ai eu le plaisir de le croiser puis celui faire signer ma copie de son dernier livre acheté sur Darhamsalla lors de mon séjour... Déjà passé.

J'ai eu besoin de deux jours pour arriver à me recentrer et effectuer mes pratiques au milieu de tout ce bruit produit par les Indiens qui célébraient la Diwali (fête des lumières) et qui enfilent que les autres célébrations... Sans doute jusqu'à mon départ, le onze novembre. Du bruit jour et nuit! Pétards, feux d'artifices, musique, bajans et kirtans, etc. La foire indienne au pays du bouddha!
Bon! Il en était sans doute ainsi de son propre temps!

Chaque jour, plusieurs fois par jour donc, je vais m'asseoir à l'ombre de ce descendant de l'arbre qui offrit couvert au prince Siddharta lorsqu'il accéda enfin à l'ultime état d'éveillé.
Au milieu de différents groupes de bouddhistes venus de Thaïlande, d'ailleurs en Inde, du Myanmar, du Viêt Nam, du Sri Lanka, de Corée, du Japon, du Bouthan ou de la Chine, je développe peu à peu une concentration qui me permet de plonger au cœur de moi-même et de trouver un calme et un silence qui fait contraste avec le dehors. Pendant ce temps, a quelques pieds de là, des centaines de moines tibétains et de pèlerins venus de partout pour entendre Kyentsey Rinpoché, chantent les nombreuses "litanies" qui forment le tissu de ce mönlam. Et c'est très transportant parfois!

Il me reste quelques jours de liberté extérieure et relative. Dans cinq jours, samedi prochain,je débuterai une retraite de dix jours que je n'avais pas prévue avant de lire l'annonce, il y a une semaine. Dix jours à pratiquer Shiné, une pratique méditative simple développée par les tibétains et les bouddhistes des temps anciens. On appelle aussi cette pratique Shamata.  D'ailleurs, le merveilleux Gen Larimpa aidé de Allan B Wallace nous ont donné un livre merveilleusement clair sur le sujet. Je pourrai vous donner la référence si vous le souhaitez, mais il vous faudra le lire en anglais.
Je voulais trouver un enseignant qui me permette d'approfondir cette approche et voilà qu'un de ceux-là s'amène directement au Root Institute dans les prochains jours. Je me suis inscris de facto et serai donc "hors circuit" du premier au dix novembre, à compter de samedi!

La suite?
Mercredi matin, je dois rencontrer ce fameux Jamyang Kyentsey Rinpoché pour recevoir quelques conseils puis, après quelques jours au mönlam et aux enseignements de ce dernier,  j'entrerai en retraite. Après? Une journée de pause avant mon retour sur Delhi et un départ vers ma dernière destination, Kathmandou, le jour suivant ( le 12 décembre).

Je part m'installer sur mes coussin de "travail"...  Pour mieux vous retrouver,  bientôt!















Bonne fin d'octobre et bonne fête d'Halloween! 😈👳👺👸💀

Raymond Thundup

lundi 20 octobre 2014

Une petite vite...

Vous l'aurez remarqué, je suis arrivé à joindre quelques photos prise il y a deux ans au même endroit où je serai dans moins de 48 heures, Bodh Gaya. J'éprouve cependant quelques difficultés à les y installer correctement. Certaines fonctions de blog vers sont moins facile d'accès à partir du iPad!
J'essaierai d'y remédier sous peu!
D'ici là, j'espère que ça ne vous incommodera pas trop!
Envoyez-moi vos commentaires à ce sujet via le lien sur  ce blogue ou au josviolon@gmail.com

Raymond Thundup ✨

Entre Samsara et Nirvâna

                Les grands maîtres du Bouddhisme Tibétain nous disent:

Le samsara c'est l'esprit tourné vers l'extérieur, perdu dans ses projections.
Le nirvana c'est l'esprit tourné vers l'intérieur qui reconnaît sa vraie nature. 


À chaque sortie de retraite, il est commun à la plupart des retraitants de trouver "la vie extérieur" perturbante. Les nombreuses heures, chaque jour, multipliées par autant de jour d'isolement et de réflexion, permettent à l'esprit de se déposer et de plonger dans des profondeurs rarement explorées dans les temps ordinaires. Ainsi, mes premiers moments dans McLeod Ganj, à la sortie de chaque retraite que j'ai vécue ici, me donnent rapidement le tourni!

Il y a deux ans, j'avais laissé l'iPad à Montréal et je l'avais regretté après avoir constaté combien les installations wi-fi étaient nombreuses et accessibles par ici. Cette année, comme vous pouvez le voir au nombre de lettres que j'ai publiées, la "tablette" m'a été fort utile, sauf bien sûr, lors de la panne due aux inondations Cachemiriennes.  Mais suis-je vraiment plus heureux?

Le bonheur ne se mesure pas à la quantité, mais à la qualité de ce que nous produisons ou recevons, ça vous le savez !  Je suis bien certainement ravi de partager mes aventures himalayennes avec vous tous et surtout de pouvoir le faire avec autant de facilité, la plupart du temps. Mais je réalise aussi que les derniers douze jours, depuis les enseignements du Dalaï Lama, ont été remplis de moments merveilleux qui sont passés comme des poisson dans une rivière de communications incessantes...  Et "tablette" en a pris sur mon rhume!  Si j'avais comptabilisé mes heures à chercher des informations, à en lire, à vous écrire,à remplir mon journal de bord (pendant que j'étais au Ladakh, puis les premiers jours ici, avant ma première retraite), eh bien j'ai passé plus de temps devant cet ordinateur è givrant que de temps en retraite! Sans blague! Une chance qu'à travers ces heures de "compute-heure" il y avait Sanju, Lakhpa, Rosette, Anil, V et les autres... et pis vous autres, pour me permettre d'être dans le moment présent, attentif et non complaisant.

Le samsara c'est l'esprit tourné vers l'extérieur, perdu dans ses projections.
Le nirvana c'est l'esprit tourné vers l'intérieur qui reconnaît sa vraie nature. 

Les maîtres Tibétains nous ramènent ici à la seule et vraie réalité. Non pas celle de nos projections incessantes lorsque nous sommes en plein dans ce que nous appelons habituellement "La vie courante", mais celle que nous retrouvons lorsque nous nous retirons ne serais-ce qu'un instant de cette supposée réalité de tous les jours (du "quotidien") à laquelle nous nous agrippons si solidement que nous en arrivons à affirmer sans en douter "C'est la vie!". Qui a-t-il dans ce "C" qui nous fasse croire que "la vie" est plus réelle que la réalité elle-même?  Arrêtez-vous un moment pour contempler ce que vous venez de lire!

Je vous perd?
Ok d'abord! On continue!

Toujours est-il que je suis descendu de Tushita (Meditation Center) vers le Samsara (la "vie" mondaine et grouillante du voyageur) pour constater que j'ai besoin de re-tourner mon attention vers le Nirvâna. Demain, quitterai donc Norbulinka, même si c'est un grand jardin paisible et agréable à première vue, puis Darhamsalla, vers 14:heures, pour un passage obligé dans le tourbillon des déplacements. D'abord Delhi où j'irai m'installer dans un Holliday Inn près de l'aéroport, en transit vers le vol du lendemain qui m'amènera à Gaya. Mercredi, en fin d'après-midi, je serai physiquement installé dans une petite maisonnette au fond d'un paisible jardin tout au fond du Root Institute de Bodh Gaya.  J'ai bien écris "physiquement", parce que le mental prendra certainement 24 heures à se déposer si ce n'est pas d'avantage!

Le samsara c'est l'esprit tourné vers l'extérieur, perdu dans ses projections.
Le nirvana c'est l'esprit tourné vers l'intérieur qui reconnaît sa vraie nature. 

Je reprendrai la pratique mise "un peu"de côté depuis la fin des trois jours d'enseignements du grand Tenzin Gyatso, quatorzième Dalaï-Lama.  Dans ma petit "hutte", comme Root appelle ces maisonnettes, je retrouverai un lit, une petite étagère pour ranger mes affaires, une table pour installer un petit autel sur lequel je disposerai des offrandes de toutes sortes et une boîte de méditation. Oui, oui! Une Boîte! Carrée, avec un grand zabuton (coussin carré) au fond et une tablette sur le devant, vers l'intérieur, sur laquelle déposer les textes tibétains que je lirai,réciterai et contemplerai pendant les trois semaines que je passerai dans ce coin de pays où Siddharta Gautama devint l'Eveillé, le "Bouddha".  J'irai très certainement m'asseoir plusieurs heures par jour au pied de ce lieu où verdit le descendant de ce pipal sous lequel il s'assit avec l'intention de combattre ses propres démons intérieurs et s'en délier à jamais.

Trois semaines où j'irai refaire le plein d'équilibre et de "prise de terre" à témoin de ma propre plénitude. J'espère que j'aurai quelques instants de reconnaissance de cette "vraie nature", cette nature claire et lumineuse, ce "RIGPA" dont nous parlent les grands maîtres qui marchent encore sur cette terre. 

Vous me trouverez sans doute plus silencieux dans les prochaines semaines. Réjouissez-vous! Ça vous profitera, c'est ma plus profonde motivation à être ici présent.

Bonne fin d'octobre et, si vous avez envie de connecter avec moi, eh bien prenez un moment pour vous retirer et vivre, même une seule fraction d'un instant, dans le Nirvâna,  l'esprit tourné vers l'intérieur qui reconnaît sa vraie nature.


Affectionneusement,

Raymond Thundup 












samedi 18 octobre 2014

Du bonheur d'avoir une précieuse vie humaine...

Il est 10:30, je suis assis au coeur du merveilleux jardin du Norbulinka Institute à quelques km de Darhamsalla.  Depuis 8:50 ce matin, je déguste la quiétude qui m'est ici offerte, entouré d'arbres, d'arbustes, de plantes grasses et de fleurs magnifiques.  Ça n'est pas la Terre Pure d'Amitaba, mais sans doute un appercu :-)
Depuis le début de ce long séjour en terres himalayennes et indiennes, je n'ai pas cessé d'additionner des rencontres humaines de grande qualité. Oh! Bien sûr, mes rencontres avec ces chers DalaÏ Lama et Karmapa ont été des plus inspirantes, mais ce sont toutes ces autres "incarnations", ces autres "tulkus" sans grand nom qui auront jusqu'à maintenant déposé le plus de fleurs et d'étoiles dans mon esprit ( lire "coeur"). Je pense à celles et ceux que j'appelle si affectueusement "ma famille Ladakhie",  à tous ces amis retrouvés après deux ans "d'errance" dans l'Ouest, à ces merveilleux mendiants et mendiantes que je redécouvre avec joie à chacun de mes séjours ici, à ce petit cordonnier tellement "contaminant", à tous ces tibétains en exile et à leurs rejetons qui espèrent mieux que leurs parents, à cette famille indienne que je viens de rencontrer  dans le jardin et qui arrivent de visiter leur frère architecte, à Joliette et à Sainte-Anisette PQ!

Chacune de ces rencontre, vécue dans la joie d'échanger nos plus profondes aspirations, me ramène à chaque fois devant la plus grande des vérités: oh comme cette vie humaine est précieuse!

Mais en quoi?

Je vous l'ai déjà écris par le passé, lors d'une autre aventure himalayenne, mais je me ferai un plaisir ici de reprendre cette idée à la manière des grandes écoles du Bouddhisme Tibétain.

Une vie humaine, pour être considérée comme précieuse, doit contenir les éléments suivants: - avoir pris naissance dans un corps humain permettant l'apprentissage (sans handicap sensoriel ou intellectuel majeur); être né dans un monde où la paix règne et où une bonne éducation est accessible;  avoir la chance de rencontrer des maîtres qualifiés pour nous permettre d'atteindre le plus pur état d'esprit (que les bouddhistes appellent l'Eveil). Bien sûr, toute vie est précieuse, même si un de ces élément s'avère manquant, mais cette "precieusetée" dont parlent les enseignements des maîtres tibétains tend vers une combinaison idéale (de base) permettant l'ouverture vers un état de conscience des plus élevé...  Plus rapidement.

Toujours est-il qu'en cette journée douce et verte, au coeur de ce magnifique jardin, je suis en délicat combat avec une espèce de mal de gorge et de toux que tout le monde a eu à combattre depuis que je suis arrivé au pied des Himalayas.  Mon horloge biologique ayant souvent du retard, ou mon imunité étant plutôt bonne, je regarde ce petit malaise qui s'est invité dans mon corps (ou peut-être l'ai-je aussi un peu invité moi-même en ne me reposant pas assez les trois jours où j'ai eu ces massages tibétains) avec l'oeil d'un observateur attentif et sachant que cet état ne fait que passer, je reconnais ma chance d'être en santé et sans malaise majeur.  Je pense à ma nièce qui a due interrompre une grossesse parce que la petite fille qu'elle portait montrait des signes de problèmes physiques et mentaux majeurs et risquait de mourir avant d'avoir pu respirer pour la première fois; je pense à une chère amie décédée le 23 septembre dernier, à l'âge de 72 ans, après avoir vécu plus d'une dizaine d'années avec un cancer difficile; je pense à Suzanne et à Francine qui ont elles aussi due se confronter avec des cancers utérins; je pense à tous mes amis qui vivent avec des malaises physiques et psychologiques qui sont parfois difficiles à subjuguer...  Et je ne peux qu'avoir de la gratitude pour leur présence dans ma vie et pour la chance que j'ai eu, jusqu'à maintenant, de pouvoir continuer de vivre et d'évoluer sur la voie qui est mienne. Je sais, avec une profonde certitude, que cette vie humaine que nous avons partagé depuis tant d'années est des plus précieuse et je vous suis profondément reconnaissant d'en faire partie si volontairement!

Bon dimanche à chacune et à chacun!






















Que cette semaine qui commence soit source de joie et de sérénité pour tous!

Raymond Thundup

vendredi 17 octobre 2014

Du bonheur de donner du riz, de l'huile et du beurre clarifié

Mes chaussure achetées chez Yellow au printemps dernier ont bien faillie me causer un accident, genre une cheville tordue, un chute ou une jambe cassée. Par chance, hier après-midi, en allant à mon dernier traitement en massotherapie tibétaine, un jeune indien est venu gentiment vers moi pour me dire "Sir, there is à problem, here, with your shoe. I can repair If you wish!"  Il me fit remarquer que ma semelle se décollait et que l'ouverture s'élargissait à la vitesse de ma marche. Après constatation, avec le peu de temps libre que je prévoyais avoir pendant les heures qui allaient suivre, je lui ai répondu "tomorrow, I promiss to come and ask you to take care of the problem! Don't worry! I allways keep my promiss!".  Avec un immense sourire il a dit "My name is Sanju! I see you tomorrow!"

Ce matin, j'ai nettoyé la surface de mes chaussures pour qu'il n'ait pas à le faire. J'ai remarqué qu'elles étaient plus décollées que je ne l'avais vu, toutes les deux.  Il était plutôt l'heure de déjeuner que d'aller porter mes chaussure à Sanju, alors je me suis pris une table à mon petit resto préféré, où la lumière, la vie et la vue sont magnifiques. Posant un regard vers l'extérieur, j'ai appercu quelqu'un qui montait pour accéder à la rue d'à côté, juste en haut, là où je prévoyais aller porter mes souliers, plus tard dans la matinée. C'était Sanju qui par pur bon karma regardait dans ma direction au même moment! J'ai eu droit à un grand sourire lorsque j'ai répondu à sa main battant le bonjour, lui montrant le sac contenant le godasses à réparer. Je me suis alors lancé dehors pour les lui porter avec grand empressement.  "I am so happy! First in the morning like that, you bring me good luck sir!" Sa joie débordait déjà. Un beau jeune indien avec une importante brûlure à la main droite qui lui a coûté un doigt et demi et des séquelles permanentes. Je savais que ce bonhomme là avait de la bonté à partager! "I will come this afternoon to take it back!"  Et je suis retourné à mon petit bol de gruau.

À 15:heure j'étais devant lui et sa jolie et jeune épouse. Ils étaient assisté terre, dans la rue, avec tous ses outils et pièces de cuir, tel un bon cordonnier. Ils sont plusieurs dans les rues des villes indienne à essayer de vendre ce genre de service, mais ils ne sont pas toujours excellent et surtout, ils sont souvent à la solde de quelque sorte de "pimp" du travail à qui ils doivent souvent laisser la presque totalité de leurs profits. Mais celui-ci semblait trop honnête et trop sur de lui pour être sous la gouverne de quelque laron du genre. Il m'a paisiblement montré le beau travail effectué sur mes jeunes vieux souliers. Colle et coutures tellement bien effectuées, me rendirent à mon tour plus joyeux, non pas que mes chaussures soient réparées, mais que je sois "tombé" sur un bonhomme si sympatique et honnête, à la fois joyeux et, comment dire...  Contaminant!

"How much do I owe you for that good work my friend?" 

"As you wish sir!"

"I Hope that what I prepare for you will be ok! Maybe I am wrong? You tell me!"  Et je lui ai donné les 250 roupies que j'avais préparées pour lui.  Recevant ces billets avec un sourire heureux il m'a dit "If you think it is ok, then it is!"  J'ai rétorqué "no! It should be ok for you! Not for me! Because I am allready happy and ok with your great job!" Il m'a alors tendu l'argent et il m'a dit "Then, no money sir! But If you want, you could buy me some food! Like Rice and oil!" 

Sans hésiter j'ai lancé "Ok! Then.. Lets go!" Je sentais une immense joie qui se frayait un chemin à travers tout mon corps depuis mon coeur et se propageait en sa direction, puis revenait vers moi comme une grande fête entre deux êtres qui découvrent que cet "autre" n'est en réalité qu'un bout de soi-même.

Nous sommes allés vers un petit épicier qui avait quelques bons sacs de basmati, de cruches d'huile à cuisson de trois litres et plein de denrées que les indiens apprécient. Je l'ai laissé choisir du riz, de l'huile et du beurre clarifié. J'ai pris soi. D'ouvrir tous les contenants achetés, juste pour voir si le visage de mon jeune ami ou celui eu marchand exprimeraient quelque déception. Eh oui, dans cette aventure qui semblellissait à mesure que les minutes s'écoulaient, je me souvenais de cette maman indienne qui demandait du lait à tout le monde et qui,une fois acheté par les passants qu'elle avait quêtés, rapportait le sachet de lait en poudre au marchand qui lui versait quelques roupies comme bakshish. Je m'étais déjà fait prendre et ça m'avait tellement déçu! Mais au lieu de la déception, je voyais les yeux de Sanju se mouiller de joie. Il a lui-même insisté auprès du marchand, pour voir si le ghi (le beurre clarifié) était en bon état dans la boîte d'alu bien scellée. Il a ensuite demandé un sac pour transporter ses vivres et nous sommes partis.

J'ai porté le paquet pour lui, à cause de sa main abîmée par cette vieille brûlure d'enfance. Je regardais son visage et il me rappelait l'enfant que j'avais été, petit et innocent, lorsqu'on m'apportait un cadeau qui me rendait joyeux, le jour de mon anniversaire. En remontant, il ne cessait de me dire "You are very spécial! You are so good person to do this for me!" Je  lui ai simplement répondu, "Good persons always bring good persons! You only see what you are! And You are a very good heart! So you recieve what you deserve!"

Nous sommmes retournés à son petit atelier de rue pour y déposer le sac de vivres et j'ai demandé à prendre une photo en sa compagnie et celle de sa jolie épouse.  Lorsque je l'ai quitté, il est rapidement venu vers moi pour me serrer dans ses bras, les yeux encore pétillants de joie, puis il m'a dit "I love you sir!"
C'était senti! Personne n'aurait pu le nier!

Je suis redescendus cuver ce bon vin sur la terrasse de mon café préféré, afin de vous partager ce moments inattendu de ma journée.  Dorénavant, lorsque j'achèterai du riz basmati, de l'huile à cuisson et du ghi, je retrouverai une empreinte de bonheurs laissée sur mon esprit, par cette rencontre avec Sanju, ce 17 octobre 2014, sur TIPA Road à McLeod Ganj, Darhamsalla.



Le bonheur est en vous, goûttez-y un peu, sa saveur ressemble à celle du riz basmati arrosé de ghi.

Affectionneusement,

Raymond Thundup


mercredi 15 octobre 2014

La vie est aussi faite de séparations...

Lorsque j'ai connu mon amie Aïs, en 1983, c'était un femme dans le début de la quarantaine.  Elle avait un esprit vif, raisonné, pointu sur les questions artistiques, mais elle n'imposait jamais son opinion à cette bande de joyeux lurons que son époux venait de joindre.  Éritage venait d'accueillir Ari Snyder comme nouveau pianiste et j'étais de ceux qui se réjouissaient de cette nouvelle association!  Comme lead singer je déployais mes ailes et j'essayais de donner le meilleur de moi-même au sein de ce groupe formé d'extraordinaires musiciens et AÏs, épouse de notre nouvelle recrue, avait toujours les bons mots d'appréciation pour le travail que je faisais, mais elle savait aussi me montrer mes défauts avec tant de justesse et d'empathie. Elle m'avait dit un jour "you are too self indulgent!", à 26 ans, c'était difficile à recevoir, mais je savais que cette amie voyait clair et appréciait suffisamment mon talent pour me montrer mes défaillances afin que je m'attèle à l'humble tâche de les corriger.  Elle ne l'a peut-être jamais remarqué par la suite, mais ça m'a appris à être plus authentique, mieux connecté à ma force intérieure, dans les années de carrière qui ont suivi.

Dans les dernières années elle a souffert énormément d'une suite de cancers qui l'ont grandement diminué, mais jamais elle n'a paru plaintive. Sourire aux lèvres, mots doux toujours présents dans sa bouche, tendre comme une petite feuille verte au printemps, elle a toujours démontré une grande affection pour moi et pour mon cher Sylvain, comme si nous étions ses propres enfants, ou ses propres frères.  À Knowlton, où nous avions le bonheur renouvellé de nous rencontrer, tous les samedi matins, à notre beau marché publique, elle arrivait encore vers nous pour nous embrasser et prendre de nos nouvelles. Je l'ai vu quelques jours avant de partir vers les Himalayas, en août dernier, elle sortait d'un autre épisode difficile et sa mobilité était réduite au minimum....  Mais elle voulait marcher, tout comme elle voulait vivre. La voyant ainsi, je savais que je risquais peu de la revoir.

Ce matin, avec tristesse et empressement, je suis allé au monastère du Dalaï-Lama pour qu'on offre des pratiques à l'intention d'Aïs. On m'a donné quelques bénédictions à remettre à son époux, dès mon retour au pays, avant les prochaines fêtes de Noël.

Elle est parti, comme tant d'autres amis sont partis alors que je suis trop loin pour être à leurs côtés, physiquement. Ça me ramène des souvenirs de nouvelles qui furent douloureuses, comme la perte soudaine de mon cher ami et metteur en scène Denis Lessard, en septembre 2008, à peu près à la même date qu'Aïs d'ailleurs!  Je m'amuse à penser, naïvement,  que ces deux-là se croiseront, entre temps et espace, pour se parler des arts de la scène, car ils en étaient tous les deux si tant tellement passionnés.

Cette chère Aïs nous a quitté le 23 septembre dernier, entourée de tous les siens, chez-elle, à Knowlton, dans cette belle maison bordée de magnifiques fleurs qu'elle avait elle-même disposées et soignées, pour le plaisir de tous ces visiteurs que nous avons été, à un moment ou l'autre de ses dernières années.

À son époux, mon cher ami Ari Snyder, à ses enfants chéris Alegra et Baillard, à leurs conjoints et enfants, je dédierai mes plus secrètes pensées afin que la vie qui vient soit le moins lourd possible de son absence. Je sais qu'ils arriveront à continuer leur route sans elle, avec un coeur joyeux et léger, car c'est ce qu'elle nous a tous laissé comme souvenir de sa présence en cette vie.

Bon voyage Aïs! ... Et merci pour tout ce que tu m'as enseigné, je t'en suis proffondément reconnaissant!

Raymond thundup

samedi 11 octobre 2014

Le fils retrouvé

Deux ans avant son départ, après une amboly pulmonaire sévère qui lui a valu un été complet à l'hôpital, un jour où j'étais venu prendre soin de lui, mon père m'avait dit: " Je suis heureux de la vie de couple que tu as, j'aime ton conjoint comme un fils, mais ma seule tristesse c'est que lorsque tu auras atteint mon âge, tu n'auras pas comme moi la chance que j'ai d'avoir un fils aussi formidable!"  Il peut maintenant reposer avec l'assurance que son souhait à connu un accomplissement certain!

Hier matin, le coeur remplit de joie, mais un peu triste de nous séparer, je suis allé reconduire mon jeune ami à l'autobus local qui devait le mener vers son second bus pour retourner à Jammu où il étudie. Le bonheur sur son visage était palpable et il avait l'air transformé. Trente-six heures passées en compagnies l'un de l'autre sont passées comme une brise fraîche, un chaud matin d'été.

J'ai voulu lui faire découvrir cette Inde Tibétaine, ou ce Tibet Indien qu'il ne connaissait pas. Moi, le grand frère adoptif, l'ami de famille devenu parrain par choix, par dévotion, je voulais lui offrir un accueil et un séjour dont il se souviendrait, dans ce coin du pays qui pourtant est bien d'avantage le sien!

Quel bonheur de père j'ai eu à magasiner des t-shirts souvenirs pour lui et ses frères et sœurs que j'adore. Quel plaisir gamin nous avons eu, ensemble, à chercher le parfait bonnet de laine "baby pink" qu'il voulait tant rapporter à sa petite sœur, à magasiner les nouilles idéales pour la fameuse thukpa Ladakhie (soupe faite de nouilles plates) ou l'encens tibétain qu'il n'arrive pas à trouver dans la capitale d'hiver du Cachemire où il vit depuis déjà quelques années.  Quel délice filial de partager une pizza et une grande platée de frites par un beau soir d'octobre sur le toit d'un resto de McLeod Ganj. Que de bonheurs momentanés qui laisseront des traces à jamais sur nos coeurs.

Puis, notre lien commun dans le dharma bouddhiste nous a rapproché comme deux vieux amis qui se retrouveraient après des décénies d'éloignement involontaire. Ensemble, nous sommes allés recueillir les bénédictions des deux plus grands moines du Bouddhisme Tibétain, le XIV ième Dalaï-Lama et le XVII ième Karmapa. Il voulait voir et visiter leurs monastères, eh bien nous sommes allés à Namgyal et à Gyuto où les deux "Holiness" résident et nous avons obtenu leurs "blessings" sous trois formes: photos, "blessed pills" et petites cordelettes rouges dans lesquelles sont faites un petit nœud spécial qui symbolise le lien profond et la protection du maître qui les a bénit.  Ce fut comme amener un jeune catholique au Vatican, pour recevoir les bénédictions du Pape!  Nous en sommes ressortis recueillis, sereins et joyeux.

Puis, dans le magnifique jardin du Norbulinka Institute, où l'on enseigne les arts tibétains de la peinture, de l'ébénisterie, du vêtement etc., nous avons pris un bon repas arrosé de café, puis,  avec un regard confiant et un ton de confidence, il ma parlé de son manque de connaissance du bouddhisme malgré qu'il fut élevé dans cette tradition si commune aux ladakhis et aux tibétains. "I was so touch and so surprises to see that you were doing the water bowls offerings in the morning and in your guest-house room! Even us, whoo are born in buddhist country, we rarely do this." Puis, il m'a confié ne connaître rien de la méditation et avoir un esprit si agité lorsqu'il tente de s'asseoir pour pratiquer. "Please, can you teach me How to do!" J'ai pris le temps et les mots qu'il fallait, je crois, pour lui transmettre le mieux possible ce que j'ai eu la chance de recevoir de mes propres maîtres depuis plus de vingt ans.  Il ma écouté avec attention et j'ai pu sentir que ce qu'il recevait allait directement là où il en avait besoin.  "I will do exactly as you told me! I will remember How to do and I will do it!" Ma-t-il affirmé, les yeux pétillants.

Puis je lui ai parlé du rêve que j'avais pour sa chère maman d'avoir la chance, un jour, dé sortir de son village pour aller à Darhamsalla et à Bodh Gaya à la rencontre des ces lieux si importants pour les bouddhistes, ces lieux qui, lorsqu'on les évoque, semblent la faire rêver intensément. À mes mots doux pour ses chers parents, il s'est mis à pleurer puis lorsque ses larmes ont étées rassurées par ma main sur son visage, il ma avoué avoir souvent parlé de cela avec ses cousins et ses frères et sœurs. "This is why I work hard at school! I would like to get a good education to get a good job at the governement, in order to give this chance to my Mom, to my dear parents". Je lui ai rappellé que les rêves sont le reflet de l'amour que nous ressentons pour eux, mais que le plus bel accomplissement était de travailler de tout son coeur à devenir quelqu'un d'heureux, peu importe le travail qu'il aura. J'ai pu voir que mes mots le rassureraient lorsqu'il a esquissé un tendre sourire. J'ai presque pu apercevoir Tashi et Sonam dans ses grands yeux de vieil adolescent!

Pour nos dernières heures, nous sommes partis à la recherche d'un dernier livre que je voulais lui offrir. Un troisième livre offrant de précieux enseignements de base pour le jeune bouddhiste qu'il est , lui qui exprime une si grande soif de savoir.

Nous sommes rentrés joyeusement à notre chambre ce soir là! "We had a fantastic day that I will never forget Thundup Lay" ma-t-il dit en s'asseyant sur le bord de son lit pour enlever ses chaussures avant d'aller sous ses draps.  Quelques minutes plus tard, je l'ai entendu dormir d'un souffle profond.

Ce matin, j'ai trouvé un long courriel remplit de ses mots et j'étais tellement touché par la lumière qui s'en dégageait! Je sais maintenant que sur la terre des bouddha j'ai un fils de 25 ans avec qui j'ai un lien profond qui ne fera que s'enrichir. Il sait aussi qu'il peut compter sur moi pour l'accompagner là où il voudra aller dans cette vie, même si la distance et le temps semblent se dresser entre nous.

Pour terminer, je vous offre en partage, comme une précieuse confidence à votre oreille, les mots qu'ils m'écrivait hier:
Thundup lay.
I just arrived in jammu and I did not faced any difficulty through my journey.
I really miss the moment I spent with you ...I would say with no doubt that moments were my best day of my life. I enjoyed so much like I enjoyed with my family.
I have learned so many things from you. Really I would say you are the real buddist that I have ever known in my life. The kindness,  the simplicity you have whenever you met with any kind of people,  I was really moved by your nature. May Gautama Buddha will always help you to continue your good deeds on this earth so that you become inspiration to millions.
Thuldup lay  their was nothing from your words thats could ever hurt me ...I became emotion the way you are talking,  its really touch my heart and I also wanted to help my parents the way you did to your mother.
The way you have give information about meditation was the perfect one and I got it moreover I have so many books which you have given so humbly that I will always cherish and will learn how to transform my mind. Thank you so much for everything you did to me and my family.
I also believe their would be strong karmic connection between everyone of us ..m do happy for everything.
I also share everything with my parents today in the phone so they are very happy too. I wish you safe and happy journey and ya take good care of your health .. no more wheat (haha)
Take care. ..love you

Paljor

Voilà! Je vous remercie d'avoir bien voulu recevoir ce partage!

Xxx Raymond Thubten Thundup




jeudi 9 octobre 2014

La Pleine Lune, l'amitié qui n'a ni âge ni frontière... Et le merveilleux voyage de Bruce.

La pleine lune est arrivée avec un orage bruyant, la nuit d'avant. Je croyais que toutes les lumières de ma chambre s'étaient soudainement allumées d'elles-mêmes. Ça ma reveiilé! Il était 23:20 et comme j'adore les orages électriques, je me suis retourné et j'ai poursuivi ma nuit sans broncher, jusqu'à 4:30.

Les jours de Pleine Lune sont jours de préceptes pour les bouddhistes. Au petit matin, on effectuera une série de courtes méditations-recitations qui débutent toujours par la formulation d'intentions, la motivation comme on dit ici, et se terminent par la dédicace de tous les résultats positifs créés par cette pratique de 24 heure. Elle est faite de voeux, huit voeux, dont celui de ne consommer qu'un seul repas, ordinairement avant 12:00. Les sept autres favoriseront le recueillement et l'absence d'actions pouvant nuire aux autres et à soi-même. Les grands lamas comme le Dalaï-Lama nous disent que les bienfaits de cette prise de préceptes les jours de pleine Lune, sont décuplés, surtout lorsque cette journée arrive dans un moment aussi suspicieux que celui de recevoir un enseignement profond d'un grand maître, détenteur du plus haut siège de sa tradition.

Cette journée de pleine Lune à été fort riche et agréable. J'ai bu beaucoup de thé au beurre sallé pour soutenir ma petite stature qui se porte...   ma foi très bien, même si son poid à passablement diminué.

Depuis mon arrivée ici, je fais des retrouvailles! D'abord Tashi, le libraire de Tushita Méditation Center, puis Richard, mon cher ami Hollandais qui y enseigne un yoga tibétain, puis tous ces petits gars qui servent dans les mêmes cafés, travaillent dans les mêmes magasins où fréquentent les mêmes tables que moi, depuis des années, au même temps de l'année.  Un seul d'entre eux est passé de serveur à guide de randonnée pour une petite agence du coin. Il y gagne environ 5000 roupies par mois, soit un peu moins de cent dollars, ce qui semble être un salaire minimum ici. Il est arrivé à l'improviste au petit Café Mandala, avant hier au soir. La joie palpable sur son visage lorsqu'il ma appercu a ramené deux autres commerçants qui ne m'avaient pas encore vu. La discussion des grandes retrouvailles à recommencé!

Où es-tu rendu? Que deviens-tu? Combien de temps seras-tu ici? Viendras-tu dîner avec moi, moi, moi, tel ou tel jour?  Viens rencontrer mon épouse et mon bébé m'a dit Hakpa, un jeune tibétain de 31 ans qui m'a tout de suite offert un cadeau pour ma vieille maman sitôt qu'il eut vu sa photo.

Certains sont du Cachemire et je m'inquiète toujours pour eux et pour leur famille surtout, à cause de cette terrible inondation survenue en septembre et dont vous avez dù recevoir des images aux bulletins de nouvelles. Ils sont touché, ça se voit sur leur visage et dans leurs gestes, de voir qu'un "étranger" s'inquiète des leurs. J'aime ces gens, ils le savent et ils sont tellement accueillants à mon égard. Ainsi, jour après jour, l'amitié de tisse un peu plus, s'enracine et se renouvelle  un peu plus à chaque année, à chaque rencontre. Mais la plus belle de ces rencontre reste à venir... Plus tard aujourd'hui!

Il arrivera d'une longue journée de bus depuis Jammu où il chemine dans sa dernière année de maîtrise, mon jeune ami, celui que j'appelle "nono", ou "petit frère" en Ladakhi, celui qui pendant des années signait "Your son" lorsqu'il m'écrivait sur gmail ou sur Facebook. Eh oui, je retrouverai enfin mon jeune ami et protégé Thinles Paljor...  Nous ne nous sommes pas revus depuis le jour de mes cinquante ans, chez lui, à Hemis Shukpachan. Il avait alors 18 ans! Mes chères amies Danielle Gagné, Francine Lavallée, Johanne Begin et Laurie Fontaine m'accompagnaient alors dans cette Aventure Himalayenne. Elles s'en souviendront sûrement autant, sinon plus que moi, puisque c'était une expérience tapissée de nouvautés mur à mur pour chacune.

C'est Paljor qui a proposé de venir me voir à Darhamsalla, même si j'ai insisté sur le fait qu'il ne devait pas s'obliger pour moi! Il a persisté, " Je veux venir te voir Thundup lay!". C'est lui et ses frères et sœurs qui avaient choisi mon nom Ladakhi que mon maître Lama Zopa acceptera de me donner le jour de ma prise de refuge, en décembre 2006, acceptant d'honorer leur choix!

Je suis fort heureux de le savoir en route! J'ai très hâte de le revoir, vieillit, plus mature, avec un anglais tellement plus fluide que jamais. Il aura bientôt 25 ans le "fiston".

 C'est fou, je ne suis que l'ami parrain de ce grand bonhomme là, mais je comprend la joie des parents qui retrouvent leurs grands enfants partis étudier en exil!

Nous irons visiter les monastères du Dalaï-Lama et du Karmapa, c'est son souhait! Puis, malgré qu'il soit nê en Inde, il connaît les lieux beaucoup moins que moi, alors le plaisir sera plus grand en sa compagnie!

La pleine Lune est passée, hier, et le climat à changé du tout au tout! La mousson semble enfin avoir quitté les montagnes et le ciel est devenu clair, bleu le jour comme la nuit!  C'est bon de s'arrêter un moment et de savourer le paysage si inspirant des environs. On y voit du monde bien sûr, mais aussi les montagnes environnantes remplies de verdure luxuriante et de petit bâtiments ici et là, on entent les cigales toute la journée! Elles sont tellement grosse ici qu'on dirait des oiseaux-mouche! Puis les chants des petits moines de mon monastère qui, le soir, se mêlent aux chants des oiseaux de nuit...  Ça laisse une empreinte tellement sereine sur l'esprit de celui qui vous écrit! Mais comment vous en transmettre l'essentiel autrement qu'en y étant, en votre compagnie? Les mots pour d'écrire sont si faibles et si pâles en coaraison avec le moment vécu!

Pour terminer, je voulais vous donner la suite de mon aventure ici, en compagnie de mon ami Bruce. Ce matin, j'ai pu déposer les cendres de Bruce au monastère de Sa Sainteté le Dalaï Lama et elles ont reçue ses bénédictions. Mais le voyage n'est pas terminer pour lui qui rêvait tellement de venir sur ces terres. Un peu moins d'un an après son départ, il recevra tout de même l'attention compassionnée d'au moins deux autres grands maîtres Gelugpa et Kagyupa, lorsque nous serons au Nepal! Si jamais vous rencontrez Merete, son épouse, faites-le lui savoir! Je sais qu'elle sera touché et heureuse de savoir son périple!

Je vous offre mes plus profondes salutations et vous retrouve aussitôt que Plajor sera reparti...  Dans deux jours!
Thundup Raymond

Voilà, au pied de l'Arbre de l'Éveil du Bouddha, les cendres de Bruce ont été couvertes de fleurs!


dimanche 5 octobre 2014

Entre deux retraits

Ce courrier commence commence avec un titre qui pourrait rappeler le hockey, ou le baseball...
Mais je ne pensais pas à ce genre de retraits. Je ne voulais simplement pas utiliser à outrance le mot "retraite", il me rappelle trop les "retraites fermées" ( quelle expression) qu'offraient nos bons curés il y a quelques décénies.
 Tout ça pour dire que je suis sorti de cette ouate bienfaisante des sept derniers jours, au Tushita Meditation Center de Bagsu ( en haut de McLeod Ganj, Darhamsalla). Un enseignant magnifique que certains aiment moins à cause de son style décontracté, mais aussi parce qu'il fut moine pendant quinze ans...  Et à quitté la robe rouge il y a un long moment. Un, peut-être deux mariages, puis un divorce douloureux qui la mené à un regard different sur sa propre souffrance...  Qu'il a rapidement mis en comparaison avec celle vécue par tant d'autres dans la même situation.  Un homme dans la soixantaine, un "ancien" élève des plus grands maîtres tibétains de ce monde.  Ses histoires tapissent les journées d'enseignements, d'apprentissage, de transmission et ...  De pratique des profondes méditations du Grand Véhicule du Bouddhisme Tibétain, le Tantrayana.
Sept jours à travailler en profondeur sur le thème de la compassion, de l'échange de soi avec l'autre, à travers un incroyable pratique qu'on appelle La Sadhana de Chenrezig.  Pour la plupart d'entre vous, tout ce jargon doit vous perdre dans un ennui profond. Désolé si c'est le cas! Mais sachez que mon partage, ici, n'a rien de celui du Témoin de Jéhovah (ceci dit avec respect quand même).  Simplement pour souligner qu'il existe des formes incroyablement différentes de voyager à l'intérieur de cet espace infiniment lumineux, infini et créateur qu'est l'esprit humain!  Vous voulez comprendre de quoi je vous parle? Lisez le premier livre de Yongey Mingyur Rinpoché ( cherchez son nom sur Amazone.ca, vous trouverez bien!)

Toujours est-il que  j'étais venu ici pour parfaire ma compréhension de cette pratique (sadhana) et je suis comblé.  Une rencontre intense de sept jours avec un groupe d'élèves mature, de tous les âges et de tous les coins du monde. Le bouddhisme, c'est un peu comme l'Acadie...  Sans frontière, mais plus encore... Sans limitation culturelle.  Comme le Christiannisme vous me direz?  Non! Car il y a des chrétiens, des hindous et des  athées qui s'intéressent aux enseignements sur la nature de l'esprit humain qui sont l'essence de cette " tradition...  Philosophie... Ou comme vous voulez l'appelez!" (Vous n'arriverez jamais à l'enfermer dans un " pseudonyme"). Le Dharma, comme on l'appelle ici, est beaucoup plus en vibration avec ce qu'enseigne la psychologie moderne ou la physique cantique, qu'avec les traditions religieuses qui se véhiculent ailleurs, ce qui ne le met pas en désaccord ou en contradiction avec les dogmes des autres, mais en fait plus une question de raisonnement ( pas de tergiversations mentales!) et d'expérience, plutôt qu'une question de foi!  Peu de non bouddhistes connaissent le bouddhisme, surtout lorsqu'il ne l'ont pas pratiqué, mais l'ont étudié en partialité ou ont lu quelques bons livres populaires sur le sujet. Difficile à saisir? Désolé encore!

Je suis donc en pause! Jusqu'à demain matin 6:00, alors que je ferai la queu pour entrer m'installer dans un petit coin du monastère de Namgyal où le Dalaï Lama donnera un enseignement sur un texte d'un fameux érudit, Nagarjuna, qui porte justement sur la nature de l'esprit, que les tibétains décrivent comme claire, lumineux et reflétant tout ce qui " existe "...  Comme un reflet dans un miroir.

Je suis donc déménagé ce matin, dans une belle grande chambre avec une vue plongeante sur le pied des montagnes de l'Himachal Pradesh, au monastère de Tse Chok Ling. Un peu moins de $11.50 par nuit et une communautées de moine Gelugpa (comme le Dalaï Lama) dont l'administrateur responsable est fort Sympatique et accueillant!  J'y serai pour les dix prochains jours et ça me fera certainement garder ma petite taille ( Ben oui, j'ai par du des kilos...), car il est situé en bas d'un trop long escalier en pleine verdure qui ferait la jalousie des célèbres marchés de l'Oratoire Saint-Joseph et qui me fais suer abondamment, même lorsque je le monte lentement, au petit matin frais et humide de ce climat presque tropical.

 Le 15, je déménagerai peut être dans un magnifique jardin, au Norbulinka Institute, dans le Norling Guest House (allez voir ça sur internet). Je vous en ai parlé dans mon dernier courrier n'est-ce pas? Bon! Ça dépendra de mon budget, car il me reste encore deux mois et demi Sur les routes de l'Himalaya!
Encore 15 jours au "pays d'adoption du Dalaï Lama.   Je vous raconterai la suite au fil des aventures à venir!