Depuis le début de ce long séjour en terres himalayennes et indiennes, je n'ai pas cessé d'additionner des rencontres humaines de grande qualité. Oh! Bien sûr, mes rencontres avec ces chers DalaÏ Lama et Karmapa ont été des plus inspirantes, mais ce sont toutes ces autres "incarnations", ces autres "tulkus" sans grand nom qui auront jusqu'à maintenant déposé le plus de fleurs et d'étoiles dans mon esprit ( lire "coeur"). Je pense à celles et ceux que j'appelle si affectueusement "ma famille Ladakhie", à tous ces amis retrouvés après deux ans "d'errance" dans l'Ouest, à ces merveilleux mendiants et mendiantes que je redécouvre avec joie à chacun de mes séjours ici, à ce petit cordonnier tellement "contaminant", à tous ces tibétains en exile et à leurs rejetons qui espèrent mieux que leurs parents, à cette famille indienne que je viens de rencontrer dans le jardin et qui arrivent de visiter leur frère architecte, à Joliette et à Sainte-Anisette PQ!
Chacune de ces rencontre, vécue dans la joie d'échanger nos plus profondes aspirations, me ramène à chaque fois devant la plus grande des vérités: oh comme cette vie humaine est précieuse!
Mais en quoi?
Je vous l'ai déjà écris par le passé, lors d'une autre aventure himalayenne, mais je me ferai un plaisir ici de reprendre cette idée à la manière des grandes écoles du Bouddhisme Tibétain.
Une vie humaine, pour être considérée comme précieuse, doit contenir les éléments suivants: - avoir pris naissance dans un corps humain permettant l'apprentissage (sans handicap sensoriel ou intellectuel majeur); être né dans un monde où la paix règne et où une bonne éducation est accessible; avoir la chance de rencontrer des maîtres qualifiés pour nous permettre d'atteindre le plus pur état d'esprit (que les bouddhistes appellent l'Eveil). Bien sûr, toute vie est précieuse, même si un de ces élément s'avère manquant, mais cette "precieusetée" dont parlent les enseignements des maîtres tibétains tend vers une combinaison idéale (de base) permettant l'ouverture vers un état de conscience des plus élevé... Plus rapidement.
Toujours est-il qu'en cette journée douce et verte, au coeur de ce magnifique jardin, je suis en délicat combat avec une espèce de mal de gorge et de toux que tout le monde a eu à combattre depuis que je suis arrivé au pied des Himalayas. Mon horloge biologique ayant souvent du retard, ou mon imunité étant plutôt bonne, je regarde ce petit malaise qui s'est invité dans mon corps (ou peut-être l'ai-je aussi un peu invité moi-même en ne me reposant pas assez les trois jours où j'ai eu ces massages tibétains) avec l'oeil d'un observateur attentif et sachant que cet état ne fait que passer, je reconnais ma chance d'être en santé et sans malaise majeur. Je pense à ma nièce qui a due interrompre une grossesse parce que la petite fille qu'elle portait montrait des signes de problèmes physiques et mentaux majeurs et risquait de mourir avant d'avoir pu respirer pour la première fois; je pense à une chère amie décédée le 23 septembre dernier, à l'âge de 72 ans, après avoir vécu plus d'une dizaine d'années avec un cancer difficile; je pense à Suzanne et à Francine qui ont elles aussi due se confronter avec des cancers utérins; je pense à tous mes amis qui vivent avec des malaises physiques et psychologiques qui sont parfois difficiles à subjuguer... Et je ne peux qu'avoir de la gratitude pour leur présence dans ma vie et pour la chance que j'ai eu, jusqu'à maintenant, de pouvoir continuer de vivre et d'évoluer sur la voie qui est mienne. Je sais, avec une profonde certitude, que cette vie humaine que nous avons partagé depuis tant d'années est des plus précieuse et je vous suis profondément reconnaissant d'en faire partie si volontairement!
Bon dimanche à chacune et à chacun!
Que cette semaine qui commence soit source de joie et de sérénité pour tous!
Raymond Thundup









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