La pleine lune est arrivée avec un orage bruyant, la nuit d'avant. Je croyais que toutes les lumières de ma chambre s'étaient soudainement allumées d'elles-mêmes. Ça ma reveiilé! Il était 23:20 et comme j'adore les orages électriques, je me suis retourné et j'ai poursuivi ma nuit sans broncher, jusqu'à 4:30.
Les jours de Pleine Lune sont jours de préceptes pour les bouddhistes. Au petit matin, on effectuera une série de courtes méditations-recitations qui débutent toujours par la formulation d'intentions, la motivation comme on dit ici, et se terminent par la dédicace de tous les résultats positifs créés par cette pratique de 24 heure. Elle est faite de voeux, huit voeux, dont celui de ne consommer qu'un seul repas, ordinairement avant 12:00. Les sept autres favoriseront le recueillement et l'absence d'actions pouvant nuire aux autres et à soi-même. Les grands lamas comme le Dalaï-Lama nous disent que les bienfaits de cette prise de préceptes les jours de pleine Lune, sont décuplés, surtout lorsque cette journée arrive dans un moment aussi suspicieux que celui de recevoir un enseignement profond d'un grand maître, détenteur du plus haut siège de sa tradition.
Cette journée de pleine Lune à été fort riche et agréable. J'ai bu beaucoup de thé au beurre sallé pour soutenir ma petite stature qui se porte... ma foi très bien, même si son poid à passablement diminué.
Depuis mon arrivée ici, je fais des retrouvailles! D'abord Tashi, le libraire de Tushita Méditation Center, puis Richard, mon cher ami Hollandais qui y enseigne un yoga tibétain, puis tous ces petits gars qui servent dans les mêmes cafés, travaillent dans les mêmes magasins où fréquentent les mêmes tables que moi, depuis des années, au même temps de l'année. Un seul d'entre eux est passé de serveur à guide de randonnée pour une petite agence du coin. Il y gagne environ 5000 roupies par mois, soit un peu moins de cent dollars, ce qui semble être un salaire minimum ici. Il est arrivé à l'improviste au petit Café Mandala, avant hier au soir. La joie palpable sur son visage lorsqu'il ma appercu a ramené deux autres commerçants qui ne m'avaient pas encore vu. La discussion des grandes retrouvailles à recommencé!
Où es-tu rendu? Que deviens-tu? Combien de temps seras-tu ici? Viendras-tu dîner avec moi, moi, moi, tel ou tel jour? Viens rencontrer mon épouse et mon bébé m'a dit Hakpa, un jeune tibétain de 31 ans qui m'a tout de suite offert un cadeau pour ma vieille maman sitôt qu'il eut vu sa photo.
Certains sont du Cachemire et je m'inquiète toujours pour eux et pour leur famille surtout, à cause de cette terrible inondation survenue en septembre et dont vous avez dù recevoir des images aux bulletins de nouvelles. Ils sont touché, ça se voit sur leur visage et dans leurs gestes, de voir qu'un "étranger" s'inquiète des leurs. J'aime ces gens, ils le savent et ils sont tellement accueillants à mon égard. Ainsi, jour après jour, l'amitié de tisse un peu plus, s'enracine et se renouvelle un peu plus à chaque année, à chaque rencontre. Mais la plus belle de ces rencontre reste à venir... Plus tard aujourd'hui!
Il arrivera d'une longue journée de bus depuis Jammu où il chemine dans sa dernière année de maîtrise, mon jeune ami, celui que j'appelle "nono", ou "petit frère" en Ladakhi, celui qui pendant des années signait "Your son" lorsqu'il m'écrivait sur gmail ou sur Facebook. Eh oui, je retrouverai enfin mon jeune ami et protégé Thinles Paljor... Nous ne nous sommes pas revus depuis le jour de mes cinquante ans, chez lui, à Hemis Shukpachan. Il avait alors 18 ans! Mes chères amies Danielle Gagné, Francine Lavallée, Johanne Begin et Laurie Fontaine m'accompagnaient alors dans cette Aventure Himalayenne. Elles s'en souviendront sûrement autant, sinon plus que moi, puisque c'était une expérience tapissée de nouvautés mur à mur pour chacune.
C'est Paljor qui a proposé de venir me voir à Darhamsalla, même si j'ai insisté sur le fait qu'il ne devait pas s'obliger pour moi! Il a persisté, " Je veux venir te voir Thundup lay!". C'est lui et ses frères et sœurs qui avaient choisi mon nom Ladakhi que mon maître Lama Zopa acceptera de me donner le jour de ma prise de refuge, en décembre 2006, acceptant d'honorer leur choix!
Je suis fort heureux de le savoir en route! J'ai très hâte de le revoir, vieillit, plus mature, avec un anglais tellement plus fluide que jamais. Il aura bientôt 25 ans le "fiston".
C'est fou, je ne suis que l'ami parrain de ce grand bonhomme là, mais je comprend la joie des parents qui retrouvent leurs grands enfants partis étudier en exil!
Nous irons visiter les monastères du Dalaï-Lama et du Karmapa, c'est son souhait! Puis, malgré qu'il soit nê en Inde, il connaît les lieux beaucoup moins que moi, alors le plaisir sera plus grand en sa compagnie!
La pleine Lune est passée, hier, et le climat à changé du tout au tout! La mousson semble enfin avoir quitté les montagnes et le ciel est devenu clair, bleu le jour comme la nuit! C'est bon de s'arrêter un moment et de savourer le paysage si inspirant des environs. On y voit du monde bien sûr, mais aussi les montagnes environnantes remplies de verdure luxuriante et de petit bâtiments ici et là, on entent les cigales toute la journée! Elles sont tellement grosse ici qu'on dirait des oiseaux-mouche! Puis les chants des petits moines de mon monastère qui, le soir, se mêlent aux chants des oiseaux de nuit... Ça laisse une empreinte tellement sereine sur l'esprit de celui qui vous écrit! Mais comment vous en transmettre l'essentiel autrement qu'en y étant, en votre compagnie? Les mots pour d'écrire sont si faibles et si pâles en coaraison avec le moment vécu!
Pour terminer, je voulais vous donner la suite de mon aventure ici, en compagnie de mon ami Bruce. Ce matin, j'ai pu déposer les cendres de Bruce au monastère de Sa Sainteté le Dalaï Lama et elles ont reçue ses bénédictions. Mais le voyage n'est pas terminer pour lui qui rêvait tellement de venir sur ces terres. Un peu moins d'un an après son départ, il recevra tout de même l'attention compassionnée d'au moins deux autres grands maîtres Gelugpa et Kagyupa, lorsque nous serons au Nepal! Si jamais vous rencontrez Merete, son épouse, faites-le lui savoir! Je sais qu'elle sera touché et heureuse de savoir son périple!
Je vous offre mes plus profondes salutations et vous retrouve aussitôt que Plajor sera reparti... Dans deux jours!
Thundup Raymond
Voilà, au pied de l'Arbre de l'Éveil du Bouddha, les cendres de Bruce ont été couvertes de fleurs!

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