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vendredi 17 octobre 2014

Du bonheur de donner du riz, de l'huile et du beurre clarifié

Mes chaussure achetées chez Yellow au printemps dernier ont bien faillie me causer un accident, genre une cheville tordue, un chute ou une jambe cassée. Par chance, hier après-midi, en allant à mon dernier traitement en massotherapie tibétaine, un jeune indien est venu gentiment vers moi pour me dire "Sir, there is à problem, here, with your shoe. I can repair If you wish!"  Il me fit remarquer que ma semelle se décollait et que l'ouverture s'élargissait à la vitesse de ma marche. Après constatation, avec le peu de temps libre que je prévoyais avoir pendant les heures qui allaient suivre, je lui ai répondu "tomorrow, I promiss to come and ask you to take care of the problem! Don't worry! I allways keep my promiss!".  Avec un immense sourire il a dit "My name is Sanju! I see you tomorrow!"

Ce matin, j'ai nettoyé la surface de mes chaussures pour qu'il n'ait pas à le faire. J'ai remarqué qu'elles étaient plus décollées que je ne l'avais vu, toutes les deux.  Il était plutôt l'heure de déjeuner que d'aller porter mes chaussure à Sanju, alors je me suis pris une table à mon petit resto préféré, où la lumière, la vie et la vue sont magnifiques. Posant un regard vers l'extérieur, j'ai appercu quelqu'un qui montait pour accéder à la rue d'à côté, juste en haut, là où je prévoyais aller porter mes souliers, plus tard dans la matinée. C'était Sanju qui par pur bon karma regardait dans ma direction au même moment! J'ai eu droit à un grand sourire lorsque j'ai répondu à sa main battant le bonjour, lui montrant le sac contenant le godasses à réparer. Je me suis alors lancé dehors pour les lui porter avec grand empressement.  "I am so happy! First in the morning like that, you bring me good luck sir!" Sa joie débordait déjà. Un beau jeune indien avec une importante brûlure à la main droite qui lui a coûté un doigt et demi et des séquelles permanentes. Je savais que ce bonhomme là avait de la bonté à partager! "I will come this afternoon to take it back!"  Et je suis retourné à mon petit bol de gruau.

À 15:heure j'étais devant lui et sa jolie et jeune épouse. Ils étaient assisté terre, dans la rue, avec tous ses outils et pièces de cuir, tel un bon cordonnier. Ils sont plusieurs dans les rues des villes indienne à essayer de vendre ce genre de service, mais ils ne sont pas toujours excellent et surtout, ils sont souvent à la solde de quelque sorte de "pimp" du travail à qui ils doivent souvent laisser la presque totalité de leurs profits. Mais celui-ci semblait trop honnête et trop sur de lui pour être sous la gouverne de quelque laron du genre. Il m'a paisiblement montré le beau travail effectué sur mes jeunes vieux souliers. Colle et coutures tellement bien effectuées, me rendirent à mon tour plus joyeux, non pas que mes chaussures soient réparées, mais que je sois "tombé" sur un bonhomme si sympatique et honnête, à la fois joyeux et, comment dire...  Contaminant!

"How much do I owe you for that good work my friend?" 

"As you wish sir!"

"I Hope that what I prepare for you will be ok! Maybe I am wrong? You tell me!"  Et je lui ai donné les 250 roupies que j'avais préparées pour lui.  Recevant ces billets avec un sourire heureux il m'a dit "If you think it is ok, then it is!"  J'ai rétorqué "no! It should be ok for you! Not for me! Because I am allready happy and ok with your great job!" Il m'a alors tendu l'argent et il m'a dit "Then, no money sir! But If you want, you could buy me some food! Like Rice and oil!" 

Sans hésiter j'ai lancé "Ok! Then.. Lets go!" Je sentais une immense joie qui se frayait un chemin à travers tout mon corps depuis mon coeur et se propageait en sa direction, puis revenait vers moi comme une grande fête entre deux êtres qui découvrent que cet "autre" n'est en réalité qu'un bout de soi-même.

Nous sommes allés vers un petit épicier qui avait quelques bons sacs de basmati, de cruches d'huile à cuisson de trois litres et plein de denrées que les indiens apprécient. Je l'ai laissé choisir du riz, de l'huile et du beurre clarifié. J'ai pris soi. D'ouvrir tous les contenants achetés, juste pour voir si le visage de mon jeune ami ou celui eu marchand exprimeraient quelque déception. Eh oui, dans cette aventure qui semblellissait à mesure que les minutes s'écoulaient, je me souvenais de cette maman indienne qui demandait du lait à tout le monde et qui,une fois acheté par les passants qu'elle avait quêtés, rapportait le sachet de lait en poudre au marchand qui lui versait quelques roupies comme bakshish. Je m'étais déjà fait prendre et ça m'avait tellement déçu! Mais au lieu de la déception, je voyais les yeux de Sanju se mouiller de joie. Il a lui-même insisté auprès du marchand, pour voir si le ghi (le beurre clarifié) était en bon état dans la boîte d'alu bien scellée. Il a ensuite demandé un sac pour transporter ses vivres et nous sommes partis.

J'ai porté le paquet pour lui, à cause de sa main abîmée par cette vieille brûlure d'enfance. Je regardais son visage et il me rappelait l'enfant que j'avais été, petit et innocent, lorsqu'on m'apportait un cadeau qui me rendait joyeux, le jour de mon anniversaire. En remontant, il ne cessait de me dire "You are very spécial! You are so good person to do this for me!" Je  lui ai simplement répondu, "Good persons always bring good persons! You only see what you are! And You are a very good heart! So you recieve what you deserve!"

Nous sommmes retournés à son petit atelier de rue pour y déposer le sac de vivres et j'ai demandé à prendre une photo en sa compagnie et celle de sa jolie épouse.  Lorsque je l'ai quitté, il est rapidement venu vers moi pour me serrer dans ses bras, les yeux encore pétillants de joie, puis il m'a dit "I love you sir!"
C'était senti! Personne n'aurait pu le nier!

Je suis redescendus cuver ce bon vin sur la terrasse de mon café préféré, afin de vous partager ce moments inattendu de ma journée.  Dorénavant, lorsque j'achèterai du riz basmati, de l'huile à cuisson et du ghi, je retrouverai une empreinte de bonheurs laissée sur mon esprit, par cette rencontre avec Sanju, ce 17 octobre 2014, sur TIPA Road à McLeod Ganj, Darhamsalla.



Le bonheur est en vous, goûttez-y un peu, sa saveur ressemble à celle du riz basmati arrosé de ghi.

Affectionneusement,

Raymond Thundup


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